31.03.2009
Brèves d'école en vrac
Séance sur l'orientation avec ma classe de troisième :
L'élève, soucieux de son avenir :
"Madame, plus tard je veux être kamikaze. Je veux poser des bombes sous le mur des lamentations."
Moi, sidérée par tant de haine à 14 ans :
" Cette guerre n'est pas ta guerre, tu dois respecter les religions de chacun."
Il y a des jours comme ça où je me sens nulle...
Passage devant la salle de cours d'un de mes collègues. Bruit indescriptible. J'entre dans sa salle.
Le prof :
"Il m'a jeté une chaise à la figure."
Moi, sidérée par tant de haine à 11 ans :
"Machin ! ramasse cette chaise. Et viens dans ma classe. On règlera ça plus tard."
Il y a des jours comme ça où je n'aimerais pas être une chaise...
Visite au salon des métiers. Mes élèves ont tous un questionnaire à remplir. Une manière comme une autre de les intéresser à leur orientation. D'éviter d'en retrouver la moitié au bar d'en face. Et l'autre moitié à fomenter des plans kamikazes.
Une élève, essouflée et visiblement choquée, court dans ma direction :
"Madame, le type là-bas, il a dit que votre questionnaire était débile."
Moi, sidérée par tant d'incompétence de la part d'un adulte (le type en question étant un intervenant du salon) je m'adresse à l'intéressé :
"Vous avez dit que mon questionnaire était débile ?"
Lui, courageux mais pas téméraire :
"Non. C'est faux. C'est juste que je ne suis pas une machine à réponses."
Il y a des jours comme ça où moi aussi j'aimerais avoir le droit de jeter des chaises...
Lecture rapide de quelques rapports d'exclusion, rédigés dans la semaine :
En vrac :
"L'élève X a tiré les cheveux de sa prof. 2 jours d'exclusion."
"L'élève X a jeté une bombe à eau sur sa prof. 4 jours d'exclusion."
"L'élève X a apporté un Taser dans l'enceinte du collège. 3 jours d'exclusion"
"L'élève X a montré son sexe pendant le cours de français. 8 jours d'exclusion"
"L'élève X a traité son prof de sale "Pédé" et de sale juif. Sauvé au conseil de discipline."
Sidérée, j'en déduis :
"Le racisme, le sexe, la violence et l'homophobie sont presque aussi dangereux qu'une bombe à eau"
Il y a des jours comme ça où j'aimerais rester dans mon lit.
Bruits de couloirs.
Une classe de 4e annonce :
"Madame C. sera absente. Elle s'est battue en conseil de classe avec Madame B. Madame B. l'aurait violemment griffée au visage".
Madame B. (c'est-à-dire moi), sidérée par l'humour sans faille de mes élèves :
"..." J'ai juste éclaté de rire. C'est de loin la nouvelle la plus drôle de ce début de semaine.
Il y a des jours comme ça où la bonne humeur peut naître de la plus petite étincelle...
06:43 Publié dans Devant le tableau noir | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note

